Union Française pour la Santé du Pied/ Les principales pathologies : "J'ai mal aux pieds : je consulte un podologue"./ Le pied du diabétique

Le pied du diabétique

Les lésions des pieds chez le patient diabétique sont fréquentes, graves et coûteuses. 

Le diabète entraine une atteinte des artères (artériopathie) et des nerfs (neuropathie) qui fragilise les pieds. Il peut s'ensuivre des conséquences vasculaires et neurologiques au niveau des pieds, dont le mal perforant est la forme la plus connue. Mais ces plaies ne sont pas provoquées par le diabète, elles ont une cause déclenchante.

 Pied diabétique                                         Pied diabétique

Le problème du diabétique réside essentiellement dans le fait que sa perte de sensibilité peut l'empêcher ou retarder la prise de conscience des maux dont il souffre. C'est pourquoi il doit adopter une attitude préventive manifeste pour éviter ou constater les traumatismes, même les plus minimes, comme ceux provoqués par les chaussures. Il doit, dans ce cas, consulter au plus vite son podologue.

Les pieds du diabétique sont des pieds normaux mais potentiellement fragiles.

Les complications augmentent avec l'ancienneté du diabète. Plus il est ancien, moins il est équilibré, plus le risque de complications augmente et notamment la neuropathie (perte de sensibilité). Des déformations (le pied se creuse), des frottements anormaux (durillons, cors, épaississement de la peau) apparaissent et ils sont malheureusement indolores. Avec ces troubles insidieux, le pied devient un pied à risque.

La prévention du pied à risque

Ces troubles et ces complications peuvent très largement évités par une véritable stratégie de prévention. Le médecin généraliste joue un rôle essentiel et à chaque consultation d'un patient diabétique, il doit regarder les pieds et évaluer la neuropathie notamment par le test du mono-filament (un fil de nylon dont l'extrémité est appliquée en différents endroits des pieds). Mais le patient est l'acteur clé de sa propre santé. Des gestes simples et quotidiens peuvent l'aider à compenser sa perte de sensibilité et à l'alerter sur d'éventuels troubles et complications pour lesquels il devra consulter son médecin généraliste ou son podologue.

Le podologue, pour le diabétique, est l'allié privilégié. Il réalise un bilan podologique et établit une gradation de l'état du patient par rapport aux risques de complication. La consultation du podologue est naturellement indispensable lorsque le patient diabétique a lui-même constaté des petits problèmes comme des callosités aux talons qui peuvent devenir des fissures, ou des épaississements de la peau mais aussi s'il a du mal à se couper les ongles par exemple.  Le patient diabétique doit être suivi en permanence. Une visite annuelle minimum est obligatoire, c'est un réflexe qu'il faut acquérir. 

En dehors de la mesure du risque et de l'évolution de la gradation, le podologue réalise les soins nécessaires pour lutter contre l'hyperkératose, contre la couche cornée de la peau, contre l'épaississement de l'épiderme (durillon). Il vérifie les appuis, regarde si la statique est bonne et propose les corrections nécessaires. Il donne ou réitère les recommandations dans une séance d'éducation du patient afin de prévenir le risque.