Union Française pour la Santé du Pied/ Grand public/ Les principales pathologies

Les principales pathologies

Le pied du diabétique

Les lésions des pieds chez le patient diabétique sont fréquentes, graves et coûteuses. 

Le diabète entraine une atteinte des artères (artériopathie) et des nerfs (neuropathie) qui fragilise les pieds. Il peut s'ensuivre des conséquences vasculaires et neurologiques au niveau des pieds, dont le mal perforant est la forme la plus connue. Mais ces plaies ne sont pas provoquées par le diabète, elles ont une cause déclenchante.

 Pied diabétique                                         Pied diabétique

Le problème du diabétique réside essentiellement dans le fait que sa perte de sensibilité peut l'empêcher ou retarder la prise de conscience des maux dont il souffre. C'est pourquoi il doit adopter une attitude préventive manifeste pour éviter ou constater les traumatismes, même les plus minimes, comme ceux provoqués par les chaussures. Il doit, dans ce cas, consulter au plus vite son podologue.

Les pieds du diabétique sont des pieds normaux mais potentiellement fragiles.

Les complications augmentent avec l'ancienneté du diabète. Plus il est ancien, moins il est équilibré, plus le risque de complications augmente et notamment la neuropathie (perte de sensibilité). Des déformations (le pied se creuse), des frottements anormaux (durillons, cors, épaississement de la peau) apparaissent et ils sont malheureusement indolores. Avec ces troubles insidieux, le pied devient un pied à risque.

La prévention du pied à risque

Ces troubles et ces complications peuvent très largement évités par une véritable stratégie de prévention. Le médecin généraliste joue un rôle essentiel et à chaque consultation d'un patient diabétique, il doit regarder les pieds et évaluer la neuropathie notamment par le test du mono-filament (un fil de nylon dont l'extrémité est appliquée en différents endroits des pieds). Mais le patient est l'acteur clé de sa propre santé. Des gestes simples et quotidiens peuvent l'aider à compenser sa perte de sensibilité et à l'alerter sur d'éventuels troubles et complications pour lesquels il devra consulter son médecin généraliste ou son podologue.

Le podologue, pour le diabétique, est l'allié privilégié. Il réalise un bilan podologique et établit une gradation de l'état du patient par rapport aux risques de complication. La consultation du podologue est naturellement indispensable lorsque le patient diabétique a lui-même constaté des petits problèmes comme des callosités aux talons qui peuvent devenir des fissures, ou des épaississements de la peau mais aussi s'il a du mal à se couper les ongles par exemple.  Le patient diabétique doit être suivi en permanence. Une visite annuelle minimum est obligatoire, c'est un réflexe qu'il faut acquérir. 

En dehors de la mesure du risque et de l'évolution de la gradation, le podologue réalise les soins nécessaires pour lutter contre l'hyperkératose, contre la couche cornée de la peau, contre l'épaississement de l'épiderme (durillon). Il vérifie les appuis, regarde si la statique est bonne et propose les corrections nécessaires. Il donne ou réitère les recommandations dans une séance d'éducation du patient afin de prévenir le risque.

 

Les mycoses

Une mycose est une infection due à des champignons qui prolifèrent dans la couche superficielle de la peau L'infection est provoquée par la chaleur, la transpiration et l'humidité, ce qui renforce son apparition pendant la période estivale.

Les dermatophytes, majoritairement retrouvés dans les onychomycoses des pieds, sont des champignons filamenteux microscopiques, capables de parasiter la Kératine des êtres humains et des animaux. Ils appartiennent aux genres : Tricophyton, Microsporum, Epidermophyton.

Nous pouvons également retrouver des atteintes par des levures (Candida Albican), et des moisissures. De nos jours, l’espèce dominante dans la pathologie humaine est le Tricophyton rubrum.

Au niveau des pieds, il existe deux types d’atteinte : l'onychomycose au niveau des ongles et le pied d'athlète au niveau de la peau.

Une pathologie contagieuse

La transmission de ces mycoses à l’homme dépend de l’agent pathogène. La contamination peut être d’origine animale, humaine ou tellurique. Mais la contagion la plus fréquente est due aux lieux collectifs, où règnent chaleur et humidité, et où l’on marche pieds nus. Exemples : piscine, sauna, vestiaires et douches des salles de sport, hôtels…

La transmission peut être également intra-familiale, par le biais des moquettes, tapis de salles de bain, serviettes et gants de toilettes.

Les mycoses aiment la chaleur, l’humidité et l’obscurité. Les facteurs favorisants sont :

L'hyper sudation physiologique : il est donc important de talquer régulièrement les pieds et d’utiliser des traitements anti-transpirantion.

La pratique sportive entraînant une sudation liée à l’exercice physique, le port de chaussures occlusives en plastique ou en tissu synthétique et la contamination sur les sols humides : vestiaires, douches…

Les défauts d’hygiène :

- le mauvais nettoyage des espaces interdigitaux 
- l'absence de séchage des espaces interdigitaux après la toilette ou après une hypersudation
- l'absence du changement de chaussettes tous les jours

Le travail en milieu chaud et humide : teinturier/pressing, cuisinier/boulanger, certaines industries : utilisation d’eau et de vapeur, chaleur élevée

Le port de chaussures de sécurité : éboueurs, ouvriers de certaines industries…

Traitement

Il est important en premier lieu de lutter contre les facteurs favorisants. Il ne faut pas oublier de bien essuyer soigneusement les espaces interdigitaux après chaque bain, douche, exercice sportif ou toute situation avec sudation.

Il est préférable de ne pas porter de chaussures de sport (ou en matières synthétiques) pendant des journées entières.

Il est indispensable de se laver les pieds et les espaces interdigitaux quotidiennement avec du savon, à chaque douche et changer de chaussettes tous les jours.

Il vaut mieux porter des sandales lors de tout contact avec les sols humides de collectivités comme les piscines, vestiaires, saunas…

Il faut changer de chaussures tous les jours afin de les aérer et traiter régulièrement l’intérieur des chaussures avec des poudres antimycosiques.

Tout traitement mycosique doit être le plus précoce possible car l’évolution est très rapide.

Le traitement des mycoses superficielles repose sur des topiques antimycosiques à large spectre, à usage externe. Pour une onychomycose, il est d’une durée en moyenne de six mois en fonction de l’atteinte. Il est important pendant le traitement de désépaissir l’ongle afin d’augmenter la pénétration des crèmes ou vernis antimycosiques.

Pour les mycoses de la peau, il est d’une durée de quatre à cinq semaines pour éviter les récidives. En face d’une mycose sévère, il peut être nécessaire d’avoir un traitement local et oral sur avis médical.

En cas de doute de diagnostic, il est possible de faire faire un prélèvement afin de mettre en culture les lésions suspectes. Ce prélèvement peut être fait aussi afin de donner un traitement plus spécifique et plus ciblé.

Les ongles

L'aspect des ongles, leur forme, leur texture, leur dureté, leur souplesse sont autant de signes ou de signaux précieux de votre état de santé général. La surveillance régulière des ongles des pieds est impérative car ceux-ci sont menacés d'agresssions ou d'invasions en tout genre. Il y a les champignons microscopiques qui peuvent les infecter (onychomycoses), les chocs répétés qui fragilisent les ongles. La consultation d'un podologue s'impose dès lors que ces troubles apparaissent. 

Attention : les coins de l'ongle coupés trops courts sont la cause principale d'ongles incarnés.

Ongle incarné

Pour couper vos ongles, utilisez une pince personnelle (et pas celle de toute la famille) et pour le biseau de l'ongle, si nécessaire, une lime en carton jetable de préférence aux ciseaux ou coupe-ongles. Commencez par débarrasser les sillons (fissures existant entre le bourrelet et le lit de l'ongle) des petites peaux qui les encombrent sans toutefois créer une accumulation dans les pourtours ce qui finirait par vous occasionner des mini cors douloureux. Coupez les ongles droit, au carré, sans attaquer les angles. Enfin, laissez un ou deux millimètres de marge afin de protéger la pulpe des orteils de tout frottement.

Découvrez le traitement des affections de l’ongle, le rôle de l’orthonyxie,la réalisation d’orthoplasties et les contentions nocturnes.

Le traitement des affections de l’ongle

L’ongle est formé par de la kératine dont la plaque glisse sur le lit unguéal. Les bords interne et externe sont plus ou moins incurvés selon les individus. Cette courbure unguéale peut, en se rétractant, provoquer des déformations.
Les anomalies unguéales peuvent porter sur la forme, l’épaisseur et la couleur du limbe. L’ongle incarné est provoqué par un fragment d’ongle qui pénètre dans la chair et provoque inflammation et douleurs. L’onycholyse est un décollement partiel de l’ongle de son lit au niveau du bord libre et/ou d’un bord latéral. L’onychosis est un épaississement de l’ongle qui peut parfois dépasser 1cm. Il est le plus souvent la conséquence de micro-traumatismes répétés, généralement chez des sujets âgés. L’ongle peut également être atteint de champignons : c’est une onychomycose . Il peut aussi changer de couleurs, il peut chuter, être victime d’hématomes ou encore d’un cor sous et péri-unguéal.

Le rôle de l’orthonyxie

Depuis une dizaine d’années, différentes techniques permettent de décomprimer l’ongle en modifiant sa courbure, évitant la récidive d’un ongle incarné ou un acte chirurgical plus contraignant. Avant toute intervention, il faut faire un diagnostic de l’état de l’ongle et voir quel est l’appareillage le mieux adapté parmi les différentes techniques offertes par l’orthonyxie. Ces interventions, qui s’apparentent à l’orthodontie, ont beaucoup évolué ces dernières années. Le podologue pourra utiliser le fil titane, le fil d’acier malléable, les languettes correctrices collées afin de décompresser l’ongle en soulevant légèrement les bords latéraux. L’onychoplastie permettra de remplacer totalement ou partiellement l’ongle, de façon temporaire, le temps d’une repousse unguéale normale. La photopolymérisation est une technique nouvelle de reconstitution de l’ongle, partielle ou totale (ongle artificiel de substitution), permettant dans certains cas de pratiquer une orthonyxie.

 

Les verrues

Les verrues sont dues à des virus du groupe des papillomes humains. Il en existe plus de 70 stéréotypes différents. Ils sont classés en types de 1 à 7. Plus classiquement, on les classe en verrues palmaires, plantaires et péri-unguéales.

La contamination s'effectue par contact direct de verrue ou par squames atteintes (sol de piscine, salle de bain, gymnase, etc...). Elle est facilitée par une lésion même minime, la carence en magnésium, les personnes immuno-déficientes.
L'auto contamination est fréquente et cause de la multiplication des verrues sur le corps.
La durée d'incubation est variable, pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois.
Selon leur localisation, les verrues prennent un aspect clinique différent. Elles peuvent être ponctuelles saillantes, ponctuelles internes, multiples ou en mosaïques.
Elles peuvent être insensibles ou très douloureuses et gênantes voire handicapantes.

Au niveau plantaire, les verrues se développent au cours de pression lors de la marche, elles progressent profondément dans le derme surtout au niveau du talon et de l'avant-pied.

Traitements

Il existe de multiples traitements de la verrue. Ils vont du remède de grand-mère à la chirurgie.
Souvent les verrues apparaissent et disparaissent spontanément. Mais il se peut qu'elles persistent et deviennent douloureuses, alors que faire ?

En homéopathie générale: demandez conseil à un spécialiste homéopathe.

En pharmacie, vous trouverez un certain nombre de verrucides, agents kératolytiques. Ils ont pour but de brûler la verrue couche après couche. Ces préparations sont agressives pour la peau et nécessitent beaucoup de précautions pour ne pas attaquer les zones saines

Par le dermatologue, la cryothérapie (neige carbonique ou azote liquide) = très souvent efficace sur les verrues palmaires, plus délicat sur les verrues plantaires.

Par le podologue, application de produits spécifiques plus ou moins agressifs après abrasion de la couche cornée superficielle. Le but étant, soit de tuer la verrue et de l'enlever, soit de la faire sortir d'elle-même progressivement.

Si la verrue persiste malgré tout, il vous reste la solution chirurgicale par Laser CO2, avec un risque de séquelle de la cicatrice.

Tout savoir sur les verrues - interview pour TOP SANTE

Dans tous les cas n'hésitez pas à consulter le podologue

L'hallux valgus

L'oignon ou hallux valgus est une déformation de l'avant-pied qui est très souvent "familiale" et atteint surtout les femmes. Dans cette pathologie, le gros orteil est dévié vers l'extérieur et s'accompagne d'une saillie appelée "oignon". Cet oignon est particulièrement douloureux et rentre en conflit avec la chaussure. Le port de chaussures peut en effet le faire "enfler", le rendre plus sensible et plus douloureux. La prévention commence toujours par des conseils de chaussage. Le choix des chaussures est essentiel pour ne pas aggraver la situation. Un bout pointu est à éviter ou alors présent au-delà de l'avant du pied. Un talon de 3 cm au maximum est tolérable. La chaussure doit être constituée de matériaux souples pour ne pas entrer en conflit avec l'oignon et d'éventuelles griffes d'orteils. 

La consultation d'un podologue s'impose. Il préconisera un traitement adapté : conseils de chaussage, orthèse plantaire ou chirurgie si nécessaire; 

Le podologue peut notamment préconiser les contentions noctures, orthèses rigides moulées sur le pied et portées la nuit. Elles permettent de maintenir l'orteil en position corrigée, limitant ainsi les poussées inflammatoires. Cette orthèse de nuit associée ou non à une orthoplastie ou à une orthèse plantaire pendant la journée, présente un intérêt certain dans la correction des hallux-valgus particulièrement chez les enfants. 1/4 des hallux-valgus opérés à l'âge adulte ont débuté avant la 15ème année. L'action correctrice doit être très progressive, contrôlée régulièrement et l'orthèse doit évoluer avec la croissance de l'enfant.

Prothèses pour hallux valgus

Afin de prévenir ou contenir une déformation de votre premier rayon, il existe des prothèses en silicone sur mesure fabriquées par votre podologue appelées ORTHOPLASTIES. Celles-ci sont de différente dureté selon leur utilisation : 

-    L'articulation est souple, très peu déformée, on veut prévenir l'hallux valgus : dans ce cas, le silicone sera plutôt dur afin de faire une prothèse qui restera rigide et placera l'articulation en position neutre. C'est un traitement actif. La prothèse est poncée par le podologue pour lui donner un positionnement parfait.

-    L'articulation est douloureuse en phase inflammatoire : selon son degré de déformation, le silicone sera d'une dureté moyenne à souple ; il n'y a pas toujours de ponçage. On essaiera de protéger la déformation du contact avec la chaussure pour éviter d'éventuels cors ou plaies sur l'articulation.

-    Il n'y a plus du tout de moyen de correction car la déformation est arthrosique, très ancienne. Celle-ci est la cause de cor interdigital, de plaie, ...: dans ce cas le podologue réalise une prothèse hyper-souple en silicone moulée ou injectée entre les orteils et l'on fait marcher le patient avec sa future prothèse et sa chaussure afin d'être totalement adaptée au chaussant.

Toutes ces orthoplasties ont des avantages certains :

  • Lavage facile et séchage quasi instantané

  • Possibilité de porter des semelles orthopédiques simultanément

  • Adaptation parfaite car entièrement sur mesure

  • Prévention ou correction

  • Moins de place prise dans la chaussure qu'une orthèse plantaire

  • Budget raisonnable

  • Retardement d'éventuelles interventions chirurgicales

  • Utilisation en post-chirurgie pour prévenir une éventuelle récidive

    orthese hallux valgus

Les engelures, les crevasses

Le froid est pour bientôt : Attention aux engelures !

Ce sont des lésions très douloureuses qui s’apparentent à des gelures locales du 1er degré. Elles se présentent sous forme de tâches rouges ou violacées et donnent des douleurs à type de brûlures ou de démangeaisons importantes, voire insupportables. Elles sont toujours localisées à des endroits du pied soumis soit à des frottements excessifs avec la chaussure, soit à un conflit de contact avec l’orteil voisin .

Elles apparaissent dans des conditions climatiques particulières, froid,’humidité. mais peuvent également être causées par  une déficience de la circulation périphérique de la personne concernée (sensation fréquente de pieds froids, syndrome ou maladie de Raynaud etc.…)

Que doit-on faire ?

1/ En première intention :
Se chausser le plus rationnellement et le plus chaudement possible en insistant sur l’épaisseur et la nature des semelles et surtout sur leur imperméabilité.
Choisir des vêtements chauds : chaussettes ou collants appropriés au climat.

2/ Au niveau local et à titre préventif :
Le matin, commencer par des frictions énergiques au gant de crin suivis d’un massage-pétrissage avec une pommade Anti-froid (la plupart à base de Capsicine ) dont l’effet révulsif et hyperhémiant est recherché. Pommades vendues en pharmacie ou para pharmacie.
Le but est d’exciter et stimuler la circulation sanguine locale.
Le soir, des bains de pieds chaud et froid alternés sont un excellent moyen de tonifier naturellement l’appareil circulatoire par les vasoconstrictions et dilatations engendrées par les chocs successifs de température. A faire dès l’automne et le plus régulièrement possible.

3/ A éviter :
Les réchauffements des pieds en les exposant brusquement prés d’un radiateur, d’une source de chaleur ou d’une « bouillotte ».

Si les lésions sont installées ou persistent : consultez votre  podologue. 
Parfois, rarement, ces lésions peuvent évoluer vers une forme de phlyctènes pouvant se crevasser ou s’ulcérer . Il est indispensable, à ce moment là, de consulter.

Passer l’hiver chaudement, douillettement et sans trop d’encombres pour vos pieds !

Les crevasses

Deux origines - Deux localisations

1 / Au talon, les crevasses sont souvent dues à une peau trop sèche (anhidrose) qu’il faut réhydrater régulièrement, si possible quotidiennement, soit avec de l’huile d’amande douce soit, encore mieux, avec une pommade adaptée et spécifiquement recommandée dans ce type de lésions.

Par contre, il est fortement déconseillé de trop utiliser les râpes ou "pierre ponce" qui, certes par le frottement diminuent l’hyperkératose (callosité) mais vont surtout accentuer les fissures de cet épiderme fragilisé.

A éviter également, le port de chaussures trop plates (sans talon), de claquettes, de "mules" qui accentuent les microtraumatismes d’appui du talon et favorisent de ce fait la formation de ces crevasses.

2/ Entre les orteils, les crevasses sont liées à un excès d’humidité, soit une transpiration trop abondante (hyperhydrose), soit un essuyage insuffisant après les bains.

Nous pouvons recommander l’utilisation d’un sèche-cheveux pour bien ventiler les espaces interdigitaux après la toilette et l’utilisation régulière de Talc à base de 20% d’acide borique. Des préparations plus ciblées peuvent être prescrites selon la nature et l’étendue des lésions .

N’hésitez pas à consulter un podologue, il saura vous donner des conseils judicieux et soigner le plus efficacement possible ce type d’affections qui perturbent, par les douleurs engendrées, le quotidien de bon nombre de personnes fort désarmées face à ce problème.

Les orteils en griffe

C'est une pathologie fréquente qui touche de nombreuses femmes vers 50 ans. Les orteils en griffe sont favorisés par une chaussure trop courte tassant les orteils ou les haut talons, là où la chaussure est la plus étroite. L'hyperlaxité ligamentaire, l'obésité et la ménopause sont des facteurs favorisants.

Plusieurs formes différentes existent : l'orteil en griffe, en marteau ou en col de cygne. La situation est évolutive : la griffe réductible au départ peut s'enraidir pour devenir fixe et évoluer éventuellement vers la luxation de la base de l'orteil. L'organisme, pour se défendre, va fabriquer des cors ou des durillons, eux-mêmes source de douleur, susceptibles de se transformer en plaies qui peuvent s'infecter. 

Lorsqu'un orteil est courbé en "griffe" en général à cause d'un déséquilibre musculaire, on l'appelle "orteil en marteau". Il s'agit d'une déformation par contraction qui provient de protubérances osseuses sur le pied. 

Le choix de chaussures et de chaussettes qui ne serrent pas les orteils évitera d'aggraver la situation.

Le pied du polyarthritique

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie des articulations ayant pour point de départ une inflammation de la membrane synoviale. Elle se traduit par des douleurs inflammatoires, des gonflements articulaires et un handicap fonctionnel plus ou moins important. 

La PR s'accompagne le plus souvent d'une atteinte des pieds (environ 80 % des cas). Prendre soin de ses pieds est donc essentiel lorsqu'on souffre de cette maladie. Notamment grâce à une hygiène et une attention quotidienne, complétée lorsque l'inflammation touche les pieds ou que l'on ressent des douleurs à la marche par des soins et des appareillages proposés par des professionnels, pédicure-podologue ou podo-orthésiste.

Plusieurs facteurs contribuent à fragiliser les pieds des personnes atteintes de PR :

- au niveau cutané, on peut observer une fragilité de la peau due par exemple au traitement par cortisone ; en vieillissant, ce phénomène s'accentue. Il faut porter une attention toute particulière aux chaussures portées afin d'éviter au maximum les frottements de la peau.

- en cas de déformation de l'avant-pied, de mauvais appuis peuvent entraîner une hyprkératose (ou excès de "corne" sous le pied) ainsi que des frottements et des douleurs à la marche. Les déformations fréquentes chez les PR anciennes sont l'hallux-valgus (désaxation du gros orteil), les orteils en griffe et le pied plat. Il faut alors envisager des solutions avec son podologue telles que des semelles ou des orthèses.

- en cas de handicap important ou de prothèse, il n'est parfois plus possible de veiller à l'hygiène de ses pieds ni même de se chausser. Il est alors nécessaire de faire appel à une personne de l'entourage ou à un pédicure-podologue.

Le pédicure-podologue peut proposer des soins de pédicurie, des soins d'hygiène pour ceux qui ne peuvent les réaliser eux-mêmes, un traitement de l'hyperkératose qui permet de supprimer les durillons et/ou les cors qui rendent la marche difficile et douloureuse;

Le cor, l'oeil de perdrix, le durillon plantaire

Les cors 

C'est un amas de peau dure et épaisse qui se forme en général à la suite d'un mauvais chaussage, d'un frottement avec la chaussure, d'une surcharge de pression, au frottement d'une déformation ou d'une déviation de l'orteil. Cette callosité peut être due à la déformation des orteils avec l'âge, à la rétraction des tendons ou à certains rhumatismes déformants. Un cor est de petite surface, avec un centre dur, qui genère une douleur souvent insoutenable et qui peut se compliquer d'une bursite. Le cor se situde le plus souvent sur la face dorsale des orteils. 

L'oeil de perdrix 

Quand la marche est déséquilibrée et le pied appuie excessivement d'un côté, les forces de compression se concentrent principalement sur le dessus du petit orteil et le bord externe du pied. Sous l'influence du poids, la peau à ce niveau s'épaissit. La corne se forme et se soulève, c'est le cor interdigital qui peut se localiser entre n'importe quel orteil. Si cet épaississement se situe entre le 4è et le 5è orteil, on parle d'oeil de perdrix. Dur et douloureux, il forme une auréole rouge qui entoure un point noir.

Mieux vaut consulter le podologue qui traitera avec précision et efficacité ce problème sans provoquer de lésion.

Le durillon plantaire

C'est un épaississement de la peau du pied aux endroits de pression excessive (frottements). Il s'agit d'un amas de couche cornée dont la partie central est plus épaisse tandis que la région périphérique se pert dans l'épiderme sain. Il est généralement de couleur jaunâtre et sa caractéristique est d'être mobile avec la peau. Le durillon apparait surtout après 40 ans mais peut être présent même chez les jeunes adolescents. La douleur est d'intensité variable suivant sa localisation et son évolution. En l'absence de traitement, le durillon devient de plus en plus douloureux entrainant une boiterie et l'irritation peut produire une bourse séreuse de friction.

Le panaris

Définition : infection localisée le plus souvent autour d'un ongle du pied ou de la main à la suite d'une blessure, d'une effraction par écharde, d'un ongle mal coupé devenu un éperon blessant, manucure intensive,  et qui permet à une bactérie de pénétrer par la plaie.

Panaris pied

Évolution : au départ ce n'est qu'une inflammation du doigt ou de l'orteil qui peut évoluer rapidement vers une phase de formation d'un abcès. Dans les jours qui suivent la fièvre peut prendre le dessus.
La prise en charge doit être rapide dès l'apparition de l'inflammation par une première phase de désinfection. Des compresses de désinfectant sont à appliquer quelques minutes plusieurs fois par jour. En ce qui concerne les pieds, les bains de désinfectant sont à éviter pour ne par ramollir la peau ce qui est pire s'il y a un ongle incarné. Puis une antibiothérapie locale et/ou orale doit être mise en place par le médecin pour éviter les complications et une éventuelle incision de l'abcès en chirurgie.
Les complications peuvent être importantes : l'abcès peut évoluer vers une septicémie (infection généralisée de l'organisme) ou une infection des tendons proches de l'abcès. Ceci est d'autant plus grave chez certains patients comme les diabétiques et les artéritiques qui peuvent ne pas sentir l'infection des tendons et donc risquer une nécrose puis une gangrène.


Gestes à éviter ou à faire :
- il faut éviter les soins de manucure ou de pédicure intensifs et excessifs, et surtout ne pas se couper les ongles seul quand on est diabétique ou que l'on a de l'artérite. Être à jour de ses vaccins antitétaniques, bien désinfecter ses pinces à ongle avant de les couper, ne pas trop repousser les cuticules ou au moins le faire avec un outil non tranchant et qui ne blessera pas la peau. Éviter de couper les ongles dans les coins pour ne pas "oublier" de morceau. Les couper plutôt en carré ou bien les limer.
Traiter les mycoses de la peau et des ongles pour éviter la surinfection possible, ainsi que toutes les formes d'eczéma ou psoriasis qui démangent et donc risquent des s'infecter lors du prurit. Idem pour les piqûres d'insecte qui peuvent s'infecter.

L'hyperidrose plantaire

L'hyperidrose plantaire (ou éphidrose plantaire) est par définition la production excessive de sueur au niveau de la plante des pieds. Elle frappe principalement les hommes jeunes. Ses conséquences sont la macération, des mauvaises odeurs, des érosions de la couche cornée souvent confondues avec des verrues plantaires ou des mycoses.

La transpiration excessive des pieds doit être prise au sérieux. 

L'intertrigo

C'est une affection cutanée qui se caractérise par une inflammation siégeant au niveau des plis de la peau favorisée par la transpiration excessive (hyperidrose), la surcharge pondérale, le port de vêtements trop ajustés, les climats chauds et humides ou une hygiène approximative.

La contamination peut se faire dans des atmosphères humides (piscine, sauna, douches publiques). Ces infections peuvent avoir différentes causes, certaines sont la cause d'infections bactériennes et d'autre d'infections mycosiques par des champignons microscopiques.

Les symptômes sont des plaques rougeâtres, parfois suintantes, à l'origine de démangeaisons et parfois bordées d'une collerette blanchâtre. Ces mycoses doivent être traitées rapidement pour éviter la propagation de l'infection à d'autres zones cutanées ou à d'autres personnes et parce que la perturbation de la zone cutanée va favoriser des infections bactériennes plus problématiques (stretocoque par exemple).

Le traitement repose sur des applications locales d'antiseptiques et de crèmes antifongiques. En cas d'extension de cette infection, un traitement oral pourra également être prescrit pendant une durée variable.

L'ongle incarné

Les causes de l'ongle incarné :

La plus fréquente est une mauvaise coupe d'ongle par la personne elle-même. En voulant couper l'ongle dans le coin, elle laisse un éperon qui, en poussant, pénètre dans le bourrelet de chair. Pour éviter ceci, il faut couper les ongles des pieds au carré puis légèrement arrondis sur les côtés au moyen d'une lime émeri. Il faut éviter de les couper trop courts et de les dégager le long des sillons. 

La cause peut être également traumatique par exemple lorsqu'un orteil trop long va buter contre la chaussure. Il peut s'agir de conséquences de chaussures trop étroites ou d'un hallux-valgus qui va provoquer une rotation de l'orteil avec appui sur le bord interne de l'ongle. 

Il peut y avoir également des causes intrinsèques. La forme de la plaque unguéale va venir traumatiser les bourrelets péri-unguéaux (ongles en tuile, à volute, à plicatures) ou bien les bourrelets sont hypertrophiés et comprimés le long des bords de l'ongle.


Dès l'apparition de la gêne, il faut impérativement consulter un podologue.

ongle incarné

 

La maladie de Sever

La maladie de Sever appartient aux ostéochondroses de croissance. Elle atteint les enfants de 9 à 13 ans  et touche aussi bien les filles que les garçons.  C'est une pathologie bénigne qui affecte le noyau secondaire d'ossification de nombreux jeunes sportifs. Elle provoque des douleurs progressives au niveau du talon, augmentées par l'effort ou la marche. 

Les facteurs de risque sont :
- une forte poussée de croissance
- l'existence d'un tendon calcanéen court
- un trouble de la statique de l'arrière-pied du type valgus dont plus de 50% des cas
- une activité sportive régulière et/ou intensive
- des chaussures non adaptées

Si votre enfant se plaint de douleurs vives pendant ou après son activité sportive au niveau du talon ou bien si il boite, il peut être atteint de la maladie de Sever. Prenez rendez-vous chez votre médecin qui vous prescrira un examen podologique. Puis prenez rendez-vous chez votre podologue.